.caedes: Pour commencer, et comme nous étions entrain d’en parler, on voulait revenir un peu sur votre passage au Roadburn en avril dernier. Comment vous êtes-vous retrouvés sur cette affiche, étant donné que ce festival jouit d‘une notoriété de plus en plus impressionnante depuis quelques années maintenant?
Nicola: C’est très simple… nous avons demandé à Conspiracy s’il était possible de participer à cette édition du Roadburn. Ils se sont renseignés, et il s’est avéré que le programmateur était intéressé par nous avoir donc… nous voilà. En fait, on voulait faire quelques dates pendant cette période-là et le Roadburn tombait en plein milieu…
./: Vous n’avez pas fait beaucoup d’autres dates...
Il y en a eu une avant, à Francfort, une à Gent et une à Paris. C’était pas vraiment une tournée, plus un long week-end on va dire.
.caedes: Okay. Et que représente pour vous ce festival sinon?
Le Roadburn, c’est un peu le rendez-vous des légendes! C’était super impressionnant pour nous et un honneur de pouvoir y participer! On a eu l’impression d’arriver un peu comme des enfants de cœur… A peine arrivés qu’on se retrouve face à un Scott Kelly et d’un Steve Von Till avec toute leur tribu de barbue autour d’eux… Sinon super ambiance vraiment. Et niveau organisation je crois qu’on a rarement connu ça, étant plutôt habitués aux conditions du circuit « punk/hardcore », là c’est un tout autre standard. Super agréable…
.caedes: Comment expliques-tu le succès de cet événement? L’organisation a priori? L’ambiance du festival? Le pays? Etc.
Ouais, je crois que c’est un peu tout ça réuni. J’ai vraiment eu l’impression que c’était la réunion annuelle d’une grande famille. On s’est presque un peu senti en marge au début, n’ayant pas vraiment l’impression d’appartenir à cette scène-là, même si depuis quelques temps maintenant on voit qu’il y a une volonté d’ouvrir le festival à des groupes… disons moins « tatoués » (rires).
.caedes: Et votre concert, vous en avez pensé quoi?
Excellent de notre côté, on a vraiment passé un super moment…
.caedes: C’était vraiment blindé, je pense que tout le monde n’a pas pu assisté à votre show. Vous auriez pu jouer sur une plus grande scène sans aucun soucis…
Oui, peut-être… C’est vrai que c’était déjà blindé bien un quart d’heure avant que le concert ne commence, la Batcave étant une si petite salle. Mais on aime assez ce genre de configuration, être proches les uns des autres et pas trop distanciés du public. On a pris beaucoup de plaisir sur cette date, on a reçu une très bonne réponse des gens et on s’est vraiment servi de cette énergie pour faire de notre mieux. C’était vraiment le meilleur concert pour nous de ces quelques jours sur la route.
.caedes: On va continuer avec une citation, de vous, faîte dans une interview pour un magazine… le Versus Mag. n°5, je ne sais pas si tu te rappelles, je suis retombé dessus en fouillant dans mes vieux magazines. Vous aviez déclaré que vous rejetiez complètement cette étiquette de post-rock, que votre intention était tout autre. C’est toujours d’actualité le rejet de cette étiquette?
Le mot rejet est peut-être un peu fort… Cette étiquette, comme d’autres d’ailleurs, est juste bien trop réductrice… Après, je suis d’accord qu’il faille mettre un nom sur telle ou telle genre de musique, ne serait-ce que pour aiguiller un peu ceux qui ne connaîtraient pas un groupe, etc. Mais le côté fourre-tout de ce terme fait que tu peux passer à côté de groupes qui seraient susceptibles de te plaire si à priori tu n’es pas très fan du genre.
./: Tu as le sentiment qu’il y a un effet de « mode » autour d’étiquette comme post rock ou post-hardcore? La plupart des groupes rejettent vraiment cette étiquette…
Ouais, à fond! « Post » tout court même. Avant de jouer à Athènes, au début de l’année, j’ai répondu à une série d’interviews et ce terme revenait sans cesse dans les questions. J’ai l’impression qu’on se sert de cette étiquette « post » à tord et à travers, parce que ça sonne bien. On est vraiment pas convaincu que ce soit comme ça qu’on puisse définir au mieux notre musique ni celle des autres…
.caedes: Nous non plus! (rires) Comment définirai-tu une musique « psychédélique »? Et si ça correspond, est-ce que ça peut s’appliquer pour la musique de Shora?
Ce terme est déjà beaucoup plus pertinent nous regardant, dans le sens où cette musique fait appel à l’esprit, au fait de le laisser errer librement…
.caedes: Si tu te réfères aux premières définitions du terme psychédélique, il y avait clairement cette idée de voyager, que ce soit par le biais des images, de la musique, etc. Alors après, on a collé cette étiquette à des groupes comme Pink Floyd ou Jefferson Airplane… mais outre ce lien, la musique de Shora, avec ce côté « évasion », ou l’on retrouve presque un côté transe, correspond à mon avis assez bien à cette étiquette.
C’est sûr… je trouve cette étiquette assez appropriée. L’aspect instrumental de notre musique laisse champ libre à toute interprétation personnelle, chacun peut la vivre à sa manière. Et comme tu le dis, la transe est un facteur important dans notre musique, on aime ressentir une sorte d’introspection hypnotique en la jouant.
.caedes: Revenons à présent à Malval. Avec le recul, êtes-vous satisfaits de cet album? Ou il y a des choses que vous souhaiteriez retoucher?
Oui, vraiment satisfait! Peut-être un morceau que j’aurais préféré terminer autrement, un motif que j’aurais laissé tourné plus longtemps, mais ce sont des détails.
./: Et la présence de chant féminin?
Ah, ça c’était la grande question! (rires) C’était un peu la grande discussion au moment de finaliser… Elle aurait pu ne pas figurer. Moi, j’étais okay pour garder cette voix à la fin de l’album. J’aimais bien le fait que ça surprenne, que ça arrive dans les deux dernières minutes du disque. Tout le long de l’album, tu as quelque chose de très éthéré, presque immatériel, et puis tu as cette voix qui arrive, qui rappelle qu’au final ça reste un groupe, avec des gens, etc. En tout cas, ça aura un peu divisé. Vous, ça vous a dérangé?
.caedes: Pas du tout! Cette voix céleste, qui te tombe sur le coin de la gueule, après cette longue introspection, a toute sa place à mon avis… Tu réécoutes cet album de temps en temps?
Franchement, nan. Toujours un peu bizarre d’écouter sa propre musique… je sais pas, ça ne me vient pas souvent à l‘idée. Peut-être que dans quelques temps, je le ressortirai pour voir ce qu’on faisait à l’époque, me rappeler dans quelle énergie on était... Il m’arrive par contre de réécouter avec plaisir nos premiers enregistrements, comme « Shaping the Random », qui me fait sourire à chaque fois: c‘est quoi ce son?! (rires) Et en même temps, c’est… bien! Comme pour Malval, je ne reviendrai jamais sur ces albums, ils sont justes représentatifs de ce que nous étions à un moment donné…
.caedes: Qu’est-ce que tu retiens des retours que vous avez pu avoir de Malval? Je pense notamment à cette « surprise » générale, aussi bien du public que de la presse… par rapport à votre période pré-Malval, ou votre musique était tout autre.
Constat plutôt positif de manière générale. Je crois que dans la dernière chronique que j’ai lu de Malval, sur un forum je crois, quelqu’un disait que ça avait été courageux d’avoir gardé ce nom de Shora, malgré la différence entre Malval et ce qu’on avait pu faire avant. Et c’était clairement notre objectif à l’époque. Je veux dire, ça reste les même gens, pourquoi alors changer de nom? Il y avait ce que nous étions avant… et ce que nous sommes maintenant, on a évolué ensemble. Il faut assumer totalement ce que tu fais je pense, même si ça peut déstabiliser. On a évidemment senti à l’époque qu’on faisait un revirement à 180 degrés mais…
.caedes: Tu penses que le fait que votre chanteur quitte le groupe a été l’élément déclencheur?
Nan, je ne pense pas. L’évolution avait déjà commencé quand il était encore là… on avait fait un concert peu de temps avant qu’il parte, avec des morceaux déjà beaucoup plus rock que hardcore, avec notamment du chant clair. Nan, on ne peut vraiment pas dire que ça vienne de ça, il nous suivait totalement dans cette nouvelle direction…
.caedes: Bon… on va continuer avec une nouvelle citation alors…
Vous avez déclaré dans VSD que… (rires)
.caedes: Alors non, ce ne sera pas VSD mais VS… (rires) Toujours dans le même numéro! « Créer une musique originale et envoûtante, en dehors des clichés, voilà un de nos objectifs. » Quels sont donc, ou quels étaient, vos autres objectifs au sein de Shora?
Je dirais… continuer de faire évoluer notre musique et la garder toujours plus challenging, pour nous-mêmes déjà. On ne se dit pas à chaque composition qu’il faut sortir des sentiers battus. C’est clair qu’on essaye de faire quelque chose qui n’a pas forcément encore été entendu, quelque chose de stimulant et qu’on a envie d’écouter. On veut juste faire quelque chose qui nous excite, en accord avec tout ce qu‘on aime…
[L‘interview se passe bien jusqu‘à présent. Malgré l‘alcool, de rigueur pour ce genre de soirée, j‘arrive plus ou moins à poser mes questions, sans trop bafouiller… ni baver. Nicola semble à l‘aise, détendu, prêt à bavarder et à répondre aux 283 questions que je lui ai préparé. Tout se passe nickel donc… enfin, se passait. De vaillants Rorcaux, qu’on ne citera pas mais avec l‘alliance au doigt, viennent de nous tomber dessus et de s‘immiscer dans la conversation. Par expérience, je sais que ce genre de truc peut te pourrir n‘importe quelle interview, aussi bien partie soit elle. S‘en suivra donc, avec la boule au ventre, une longue conversation, sans aucun lien avec l‘interview, avant que je puisse reprendre les hostilités pourtant si bien commencées…]
.caedes: Concernant la suite de l’aventure Shora, vous en êtes où dans le processus de composition?
Le processus est actuellement assez… tortueux. On a pas mal de matériel qu’on n’arrive pas encore à finaliser comme on le voudrait. Si tu veux, on est assez… nihiliste dans ce groupe! (rires) On fait des choses, et puis on revient dessus, on jette, puis on recommence, etc. On est vraiment très exigeant avec ce qu’on fait et…
./: C’est dommage… si vous garderiez un peu plus ce que vous faîtes, pour la compil, ça aurait presque pu jouer! (rires)
Oui, c’est vrai! (rires)
.caedes: Ça on coupera par contre… (rires)
Nan, nan, tu peux y laisser! (rires) Mais, effectivement, on est assez pénible envers nous-mêmes…
.caedes: Ce n’est pas pour remuer le couteau dans la plaie mais, sauf erreur de ma part, ça va faire 5 ans que Malval a été enregistré. Pour un groupe suisse, on est toujours dans les temps?
5 ans, ça va…(rires) Nan mais c’est vrai, on est extrêmement lent! Mais le facteur temps n’est pas quelque chose qui nous stresse, on se fixe pas de deadline. D’ailleurs, à ce niveau là, y’a un groupe qui m’a rassuré, c’est Portishead… Ils ont été absents pendant 10 ans, on a presque eu tendance à les oublier et puis finalement, ils débarquent avec un disque juste incroyable: j‘ai rien entendu de mieux que ce disque l‘année passée! C’est vraiment devenu une grosse influence pour nous maintenant. Et ça nous a rassuré… (rires)
./: Si parfois, ces « retours » se révèlent être réussis, d’autres, au contraire, sont vraiment décevants…
Ouais, carrément! On en est totalement conscient. On sait que du coup, on crée une attente, on sait que les gens nous attendent au tournant.
.caedes: La prochaine sortie sera sur le même label?
Ouais, carrément! Enfin, s’ils veulent toujours de nous… On a vraiment de très bonnes relations avec Conspiracy… Tout ce qu’on a souhaité, on l’a eu : excellente promo et distribution, et ultra efficaces niveau organisation de tournées, l’un d’eux en étant responsable, et ils ont un réseau incroyable. En plus, ils nous mettent aucune pression! Ça fait 2/3 ans qu’ils attendent un nouveau disque, ils nous demandent régulièrement où ça en est et… c’est tout, ils n’insistent pas plus.
.caedes: Okay! Et, sinon, à titre de curiosité, vous répétez souvent?
On essaye, oui! (rires) Idéalement, deux fois par semaine… Après, on bosse tous à côté, donc forcément des imprévus se greffent.
.caedes: Sinon, depuis quelques temps maintenant, vous faites très peu de live. Une explication précise à ça?
Notre priorité à l’heure actuelle, c’est vraiment le nouvel album…
.caedes: C’est finalement assez atypique: il y a tellement de groupes qui voudraient partir sur les routes, en Europe ou ailleurs et vous, a priori, vous avez la possibilité de le faire et…
C’est sûr, on en est vraiment conscient. Je regrette qu’on ait pas plus promu Malval à l’époque: la plus grosse tournée ne faisait que deux semaines. Et puis finalement, refaire des tournées maintenant… ça n’a presque plus de sens. Promouvoir un nouveau tee-shirt? Ça fait plus vraiment sens et pour nous et pour les gens. Il faut du neuf pour cela. Mais dès que le nouvel album sera sorti, on fera VRAIMENT une tournée massive! Jouer aux Etats-Unis ou au Japon… des trucs dont on rêve depuis un moment.
.caedes: Une autre question, toujours en rapport aux lives: je voulais savoir si tu pensais que la musique de Shora s’appréciait mieux en live quand le niveau sonore est… « élevé »? On s’était par exemple croisé à Psychic Paramount et là…
Je pense que oui, la présence sonore est un paramètre important lors de nos concerts. J’aime que le son soit conséquent, qu’il te saisisse physiquement. Et j’aime cela en tant qu’auditeur également. Psychic Paramount, très bon exemple, sans cette surenchère sonore, ça serait pas pareil…
.caedes: Votre live du Roadburn est disponible, illégalement, sur Internet. Ton avis?
Ça m’embête un peu c’est sûr dans le sens où la plupart des nouveaux morceaux qu’on a presenté pendant le Roadburn, n’étaient pas encore très aboutis. Finalement, les morceaux que tu peux entendre sur ce live n’auront que très peu de points communs avec les morceaux présents sur l’album.
.caedes: Ça va faire 10 ans que le groupe existe. Quel bilan tires-tu de cette décennie à faire du Hard?
Et bien écoute… plutôt content de tout ce qu’on aura fait jusque-là. Actuellement, on est encore 3 membres à être là depuis le début de l’aventure. Finalement, c’est tout une période de notre vie… de 16 ans pour certains à passé 30 pour d’autres maintenant, on est bien plus que des amis et c’est super agréable de se voir évoluer mutuellement au fil des années. On reste encore malheureusement ou pas dans cette optique « amateur », dans le sens où on fait de la musique à côté de nos vies professionnelles. On s’est posé la question à un moment donné s’il ne fallait pas esayer de faire que de la musique, d’en vivre. Choix qu’on a finalement pas fait… et avec le recul, je ne regrette vraiment pas: on continue pour le plaisir, et rien que le plaisir. On ne veut vraiment pas tomber dans tout ce mécanisme, avec toute la pression et les aspects négatifs que ça peut générer, etc.
.caedes: C’est évidemment du conditionnel, et sans aucune prétention de ta part, mais tu penses qu’à un moment donné de votre carrière vous aviez la possibilité de passer ce cap?
On aurait pu le faire je pense oui… Quelques temps après la sortie de Malval, ayant eu une bonne réponse du public et des medias, on aurait pu tenter de voir les choses plus en grand. On s’est rendu compte que, quand tu tournes rien que 2 semaines… y’a déjà pas mal d’argent qui rentre au final. Mais l’idée de partir 9 mois par an, de ne faire plus que ça, etc., ne nous a pas plus tenté que ça. Enfin, je parle plus à titre personnel sur ce coup.
./: Vous avez l’intention de faire quelque chose de « spécial » pour vos 10 ans?
L’idéal aurait été de pouvoir sortir un nouvel album. Sauf qu’on a pris beaucoup trop de retard, et que la fin de l’année se rapproche finalement bien trop vite. Donc malheureusement, nan, il n’y aura rien de particulier de prévu…
./: Concernant votre période pré-Malval, quels regards portez-vous sur ce que vous avez fait?
J’en suis extrêmement fier, encore maintenant…
.caedes: Le meilleur souvenir de cette période?
Je dirais… les lives avec Merzbow.
[L‘interview se passe bien jusqu‘à présent. Malgré l‘alcool, de rigueur pour ce genre de soirée, j‘arrive toujours plus ou moins à poser mes questions, sans trop bafouiller… ni baver. Nicola semble toujours à l‘aise, détendu, toujours prêt à bavarder et à répondre aux 89 questions que je lui ai préparé. Tout se passe nickel donc… enfin, se passait. De vaillants Rorcaux, qu’on ne citera pas mais avec l‘alliance au doigt, viennent de nous retomber dessus et de se ré-immiscer dans la conversation. Par expérience, je sais que ce genre de truc peut te repourrir n‘importe quelle interview, aussi bien partie soit elle. S‘en suivra donc, à nouveau, avec la boule au ventre, une longue conversation, sans aucun lien avec l‘interview, avant que je puisse (re)reprendre les hostilités pourtant si bien commencées…]
./: Merzbow donc. Comment êtes-vous arrivés à collaborer avec ce groupe à l’époque?
On était déjà pas mal intéressé par la noise à l’époque… On admirait l’artiste, et on trouvait intéressant de faire un split qui sorte du schéma « groupe de hardcore avec groupe de hardcore », chose qui ne se faisait pas trop à ce moment-là. Quand Loïc de feu-Overcome nous a fait cette proposition, on ne pouvait qu’accepter ! On a pris énormément de plaisir dans les lives qui ont suivis: on faisait un set, puis Merzbow le sien et pour finir, un set tous ensemble. Ça n’avait aucun sens! On avait jamais ressenti encore un truc comme ça sur scène… En y repensant, cette expérience nous a vraiment secoué. C’est à partir de ce moment-là qu’on a vraiment voulu densifier notre son, laisser les idées se développer un peu plus, travailler les dynamiques etc.
.caedes: Okay, élément déclencheur donc! Et sinon, changement de sujet, ton avis sur cette « fameuse » scène suisse?
Je suis content d’en faire partie et que les gens nous voient de cet œil-là et nous donne ce gage de qualité. Effectivement, il y a beaucoup de gens talentueux dans ce pays. En ce qui nous concerne, on doit beaucoup à un groupe comme Knut: grosse influence à nos débuts, ils nous ont ouvert des portes, sans compter qu’ils ont vraiment fait toute notre culture musicale, à l‘époque! (rires).
./: Autre question, ton avis sur le dernier Shelving? Des mauvaises langues pourraient dire qu’il y a une forte inspiration de votre musique…
Shelving, on adore! On apprécie vraiment ce qu’ils font, et des mecs adorables en plus. On a commencé par faire quelques concerts avec eux, et ils sont depuis devenus des amis. Concernant le parallèle « musical », même si des gens nous le disent, ça ne me gêne pas plus que ça, on a clairement des références communes. Et dans tous les cas, c’est difficile de ne pas s’inspirer d’un groupe que tu apprécies, d’une manière ou d’une autre… mais à partir du moment où tu commences à être cité comme influence, ce serait mentir de dire que ça ne flatte pas un peu l’ego.
./: Pour terminer cette interview, vous avez fait des découvertes musicales récemment?
La liste pourrait être longue… On a beaucoup écouté Portishead, comme je te disais tout à l’heure et un classique en ce moment chez nous, c’est Ulver, qui sont clairement devenus une influence majeure pour nous. C’est incroyable de voir comme ils évoluent et on est totalement fan de ce qu’ils proposent depuis les deux derniers albums ! Après, on se nourrit de tout: aussi bien de ce qui peut se faire dans l’electro, le rock mainstream ou le black metal industriel! Typiquement, avant de partir, je suis passé dans la même heure de MGMT à Gnaw Their Tongues….
.caedes: Tu aimes beaucoup cet artiste?
Je suis ultra fan de ce mec! Bon, je ne parle qu’en mon nom là, je suis le seul à aimer… Mais sa musique est la plus négative et nihiliste du monde!
[S‘en suivra une longue conversation sur la « légitimité » d’écouter aussi bien du MGMT que du Gnaw Their Tongues, ou chacun défendra, comme il peut, corps et âmes, ses arguments afin de comprendre/convaincre l‘autre. L‘heure tardive aidant, cette longue discussion se terminera sur cet interminable débat. Un grand merci en tous les cas à Nico pour le temps accordé, et au reste du groupe pour leur patience mise à rude épreuve…]
.caedes